Services de rédaction web

Nous donnons vie à une représentation numérique de nous-mêmes, un avatar, dès lors que nous foulons le cyberespace. D’aucuns pourraient préciser « à partir du moment où il y a des témoins… » Mais il n’y pas à revenir là-dessus. Il y a toujours des témoins. Sans mysticisme aucun, de même que dans notre quotidien humain nous sommes définis autant par ce qui est notre essence que par ce qui ne fait pas partie de nous (du moins en apparence), dans le cybermonde nous laissons des traces, une empreinte.

La plupart de mes clients ont du mal à éprouver la sensation vertigineuse de cette projection de nous-mêmes dans l’espace virtuel.
Pour eux l’impératif est d’avoir un site, un site joli, dynamique, qui donne envie de les appeler pour les faire travailler.
Avant d’en arriver à cette vitrine, ou cette boutique, ou ce forum, bref cette présence en ligne, il y a toujours la délicate phase de recherche, de définition, de tentative de formulation : Oui, il faut se vendre, se présenter sous un jour avantageux, Non, ce n’est pas facile…

À tel point que la plupart glissent sur l’exercice comme on franchit une plaque de verglas : ça ne dure qu’une fraction de temps, ce n’est pas très agréable, car nous sommes alors déséquilibrés, sans aucune maîtrise de quoi que ce soit, et puis il y a le rétablissement de l’équilibre ou la chute.

Voilà comment je vois la transition. Ces personnes qui viennent, que je côtoie un temps, parfois pendant plusieurs années, ont toutes une approche différente, sauf au départ. Au début du projet de communication sur le net, il faut aller vite, il faut vite regarder ce qui existe, ce qu’il est possible de faire, mais surtout, ce que font les autres. L’univers cyber ne diffère en rien du reste. La nature humaine, plutôt que de se livrer à un travail douloureux et incertain d’investigation, se rabat sur le clonage : on va regarder ce que font les confrères, et puis on va faire un mélange, on va adapter.

Le webmaster a presque une relation d’instituteur parfois, quand il demande à son client de lui livrer les textes et autres divers documents qui vont servir de matériaux autour desquels l’enveloppe virtuelle viendra s’envelopper.

En effet, la plupart rendent des feuilles allant de la copie pure et simple à quelques interprétations parfois lyriques de ce qui existe déjà sur internet. Mais de leur véritable identité, rien. De ce qu’ils veulent transmettre, rien. Peut-être parce que, de toute façon, ils n’éprouvent rien d’autre qu’un rapport d’homme à machine avec le web. Ils ne s’y sont jamais projetés à corps perdu, ils n’en ont entendu que les sirènes alarmistes de tous les discours extrémistes pour lesquels tout est faux sur internet, les copains de collège sont en réalité de vieux pervers, les amis d’amis sur Facebook sont des pirates russes qui volent les numéros de carte bleue, les chaînes d’email ne sont que des attrape-gogos pour récolter des adresses revendues au kilos-octets à des spammeurs mafieux.

Peut-être, mais en attendant, ils ne communiquent pas. Ils ne prennent pas de risques, ni avec leur bienséance ni avec les internautes, en présentant un profil standard. Il faut un site, et puis c’est tout. Une charte graphique, des images, des animations qui dynamisent un peu tout ça. Il faut quand même insuffler un semblant de vie, voyez-vous. Bon, et puis voilà. La phase de réflexion a duré quelques jours, et puis maintenant il faut y aller, et vite. Des choix ont été pris, il ne faut surtout pas laisser place au doute. Bref : un nouveau site est né.

 

On publie les bans, on parle référencement, les comptes sont créés sur les réseaux sociaux, et puis après : advienne que pourra ?

 

Quant aux textes… On les voulait originaux, pleins de pep’s, et puis on a eu des retours prudents, même méfiants « ah ouais tu crois que ça va passer si tu mets ça ? » « Non, moi j’serais toi je ferai plus simple… » prise de risque zéro, toujours. En fait, on ne veut pas un site, pas un lieu, non, juste un reflet, quelque chose qui porte un nom de domaine, mais sans âme, parce qu’on ne va pas se mettre à nu devant des inconnus (surtout ceux évoqués plus haut !).

Le reflet doit attirer le regard, doit éblouir, et, l’instant de cet aveuglement, il doit déclencher l’acte d’achat impulsif. Touché par la grâce, l’internaute sort sa carte bleue, et va faire un acte qu’il n’aurait jamais cru faire. Acheter une paire de chaussures hors de prix, s’abonner à un service dont il sait par avance qu’il ne l’utilisera pas, faire appel à un professionnel en médecines douces pour avoir un soin redynamisant.

Voilà où doivent conduire tous nos gestes aujourd’hui : écrire pour le web, dessiner une charte graphique, monter une animation 3D, tout cela doit conduire à l’éblouissement qui fait perdre pied, tout cela doit… transformer. Transformer le déséquilibre en argent. Vendre, vendre, vendre. L’heureux possesseur qui possède un site éblouissant affine ses reflets : tunnels de conversion, A/B testing, neuromarketing, eye-tracking… rien n’est laissé à la magie, rien ne doit devoir à un semblant de poésie.


Ajouté par yann

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  • La Doublerais, 44520 Isse, France
  • 02.40.55.59.23

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